Livres

Auteur : John Ruskin
CONFERENCES SUR L'ARCHITECTURE ET LA PEINTURE
Introduction d'Emile Cammaerts (1909) et avant-propos d'Antoni Collot (2009)

Écrivain, critique d'art et réformateur social, John Ruskin (1819-1900) eut une influence considérable sur le goût de l'Angleterre victorienne et s'opposa aux doctrines économiques de l'école de Manchester. Dans ses ouvrages sur l'économie, la violence et l'amertume sont souvent comparables à celles de Swift. Ses réflexions sur l'art furent accueillies avec enthousiasme et respect ; sa critique sociale souleva, en revanche, une réprobation mêlée de crainte. Professeur d'art à Oxford, il partagea son temps entre l'enseignement et le mécénat. 
La sensibilité de Ruskin trouve son expression dans un style solennel et orné, aux cadences oratoires. De puissantes affinités électives unissaient Ruskin à Proust, qui traduisit La Bible d'Amiens et Sésame et les lys. Proust décrit ainsi l'effet décisif de la révélation de Ruskin sur sa propre conception de l'art et de la vie : « Mon admiration pour Ruskin donnait une telle importance aux choses qu'il m'avait fait aimer, qu'elles me semblaient chargées d'une valeur plus grande même que celles de la vie. »

« Ne reconnaissons-nous pas le type de ce conservateur subversif qui bouleversa si rudement les préjugés de son temps en prétendant restaurer, dans leur antique splendeur, les principes qu’ils consacrent ? Souvenez-vous de cette image calme, un peu surannée, conforme, jusqu’à l’affectation, lorsque vous lirez les passages les plus enflammés de ces conférences, la condamnation violente de la culture moderne, l’apologie du Moyen Age catholique, la critique acerbe d’une société soi-disant chrétienne et qui proscrit soigneusement le christianisme des arts de la vie domestique, de l’éducation et de la politique pour se réfugier dans le mensonge confortable de misérables défroques païennes... » E. Cammaerts, 1909

« En son temps, Ruskin fut une figure majeure de la pensée anglo-saxonne, non seulement dans le champ circonscrit des arts, mais aussi dans le champ social, maître à penser du bon goût, de la morale en acte. La fin du XIXe est assurément plus ruskinienne que baudelairienne ; la beauté est davantage soumise à sa pensée, forme de kireï japonais (notion réunissant beauté, équilibre moral et esthétique) qu’à la convulsion romantique, qui aura, nous nous en réjouissons, une descendance bien plus riche… Il y a, chez Ruskin, au-delà d'une simple préoccupation morale, une impossibilité esthétique à évoluer en deçà de l'éthique [...] parce que penser l'art c'est revendiquer son appartenance à l'humanité définie par ses facultés cognitives et créatrices… » A. Collot, 2009

 

ISBN : 978-2-908965-26-1
15 x 21 cm, 210 pages avec 8 planches hors texte
35 euros